En s'expliquant à soi-même, en essayant de faire en sorte, que ce ne soit plus du charabia pour toi. Tu dois faire en sorte de comprendre la vie et ses choix, les choix que toi tu peux faire. Tu dois aussi faire en sorte de ne rien regretter, de ne pas en vouloir à des personnes. Tu dois à la rigueur faire en sorte aussi de courir des risques, des risques, oui, ça peut être le risque d'aimer. Tu dois faire en sorte d'aimer les bonnes personnes. Mais tu dois faire en sorte, surtout, de faire attention à toi. Expliquant que la vie est telle, la vie est ainsi, tu te répètes dans tes phrases, tes mots deviennent de plus en plus récurrents au cours de l'instant, du temps qui passe. Au temps pour moi. En essayant d'y croire, de ne plus se sentir frustrée à chaque photo qui défile, en faisant en sorte que cette vie soit la meilleure possible pour toi, non pour moi. Se rendant compte, de ces instants, ces foutus instants... qui passent. Que peut-on apprendre d'une vie quand on a l'impression qu'elle est gâchée à 18 petits centimètres du fil de celle-ci ? Encore quelques centimètres pour avancer, pour les études, pour le boulot, pour trouver un gars, une fille, avec qui on pourra avoir des enfants ou non, un mariage ou non, une maison ou non, des voyages ou non, une belle vie ou non.. Le destin est-il une réelle fatalité, peut-il changer ? Tout est-il déjà écrit d'avance ? Toutes ces petites impressions de déjà vu, comment ça se fait ? Est-ce notre cerveau qui mélange certaines informations, ou est-ce vraiment ça ? Est-ce que nous sommes déterminés malgré nous, sommes nous des agents dépendants de la volonté d'autres ? Avons nous justement des choix ? Le choix de choisir nos vies ? Sourire et prendre la vie du bon côté ne changerait pas le monde, se poser des questions non plus, essayer d'y répondre peut-être un peu plus, mais là encore, le verbe agir n'intervient pas ? Laissons lui sa chance, de pouvoir prouver aux autres verbes que celui-ci peut faire bien plus de choses que certains, incapables de bouger quoi que ce soit. Agir et connaître ses priorités dans la vie, agir pour le bien, mais pas que des hommes, agir pour le bien tout court. Les humains ont suffisamment de ressources pour survivre, on se dénigre, on se croit désuets de tout, on croit que nous sommes des incapables, ne pas pouvoir faire du feu, survivre à des malheurs, et pourtant c'est ce qu'on veut nous faire croire. On nous rabaisse, on accepte les décisions d'autres cons, plus cons que nous parfois, on ne dit rien, c'est pour "notre bien". Mais si nous avions cette volonté, justement d'agir, de prendre ce verbe et de se le mettre dans notre poche, on pourrait soulever bien plus de choses que ces autres petits verbes minables. Simplement, pour être fort, il faut être plusieurs, un gros paquet en outre.
Un paquet d'amour, un paquet de pardon, un paquet cadeau. J'enlève le ruban, je déchire délicatement le papier, j'ouvre et je vois que là est la clé d'un bonheur relativement certain. Que demande de plus le peuple à part d'être heureux ? Non, pas plus de croissance, qu'est-ce qu'on en a à battre de la croissance ? Traçons notre chemin, débrouillons nous par nous-mêmes, mais on a quand même besoin des autres, c'est évident. La ranc½ur, on nous l'a enseigné, le pardon, on ne l'a pas assez pratiqué, l'amour est beaucoup trop divulgué. La discrétion devrait être aux premières loges.. En pensant à toi, essayant de faire d'autres pas, agissant sans trop savoir pourquoi, pour mon bien sûrement, pour un certain but... celui d'être heureuse sans.. et avec autre..